Je participais récemment à un documentaire sur la sexualité (vous verrez ça dans longtemps à la télé) et pendant mon interview, voilà qu’on aborde les orientations sexuelles. J’explique que la catégorisation homo/hétéro ne règle pas la question. Loin de là. Même en plantant les bi au milieu. Et comme exemple, je donne la zoophilie (rien dont on n’ait jamais discuté sur Sexactu – au sujet de la pédophilie, si j’ai bonne mémoire).
Panique de la preneuse de son : mais que quoi voyons enfin tu ne peux pas parler de la zoophilie comme si de rien n’était, comme si la zoophilie était normale.
Je n’en sais rien, moi, de ce qui est normal. Il y a des tabous qui vont et viennent, des tendances, et plus je bouquine moins je me verrais vous raconter ce qui est normal, moral, ou pire encore, naturel. Mais voici un témoignage, puisque généralement on en manque :
Je m’aperçus à l’adolescence que mon orientation sexuelle était différente de ce qu’elle était censée être. Je regardais les chevaux de la même manière que les autres garçons regardaient les filles. Je matais les films de cowboys pour entrapercevoir les chevaux. Je regardais en douce les images de chevaux à la bibilothèque. C’était avant Internet et je me sentais profondément isolé. J’étais un garçon de la ville. Je n’avais jamais vu un cheval de près, je n’en avais jamais touché ou senti. Personne de ma famille n’avait de contacts avec des chevaux mais pour moi, ils dégageaient une puissante, incroyable et primaire attractivité sexuelle.
Ceci venant d’un mec de 47 ans titulaire d’un doctorat. La discussion continue sur le consentement des animaux : certes, partir du principe que l’animal est consentant est absurde, mais partir du principe qu’il n’est pas consentant ne vaut pas mieux. Dans tous les cas on humanise. Que penser du chien qui vient se frotter contre votre mollet ?
Et pourquoi est-ce si tabou là maintenant tout de suite, d’être zoophile ? Sachant que notre société maltraite l’extrême majorité des animaux sans l’ombre d’un remord ?
Et bien mes petits lapins, je n’en sais rien du tout, mais j’en profite pour vous frotter langoureusement la fourrure.
(EDIT : ah et comme une cruche j’ai oublié d’ajouter un lien vraiment pédagogique qui parle de zoophilie. Pas franchement pour les enfants.)
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